Aujourd’hui on parle de Moonlighter 2 et malheureusement, j’ai pas mal de choses sur le cœur qui me sont restées. C’est parti pour l’autopsie d’un jeu qui rêvait d’être Goliath dans le genre du RPG mais qui a fini comme un David tout écrasé.
Le test a été rédigé le 15 septembre 2026 et réalisé sur Nintendo Switch 2. Le jeu est encore soldé à -30% après une sortie très controversée le 2 septembre. Avec un jeu autant bradé à la sortie, c’est rarement un bon signe (parole de responsable marketing). Le jeu n’atteint même pas 70% sur Steam et les versions consoles sont catastrophiques.
Pourtant, la formule du jeu a été améliorée, tout est plus beau, plus grand et plus riche. Comment Digital Sun signe son pire départ pour un jeu vidéo ? Après avoir enquêté, je vous livre mon analyse sans langue de bois. Alors pour celles et ceux qui ne connaissent pas Digital Sun, il s’agit d’un studio indé à taille moyenne, composé d’environ 50 personnes qui travaillent et livrent des petits bijoux depuis la belle cité de Valence en Espagne.

Il faut remonter en 2018 pour que Moonlighter, premier du nom, sorte sur Steam, c’est un carton plein et le jeu se vend à plusieurs millions d’exemplaires. La promesse du jeu est simple : incarnez Will, battez-vous, pillez des trésors et vendez-les. Le jeu avait une direction artistique splendide, une musique entraînante et une boucle de gameplay extrêmement satisfaisante.
Le jeu était cependant un poil court et manquait un peu de profondeur sur l’aspect narratif et dans sa rejouabilité. Mais peu importe, le jeu explose et fait décoller le studio qui travaillera pendant plusieurs années pour Riot Games en livrant The Mageseeker: A League of Legends Story, un titre réussi qui mettait en scène le mage renégat Sylas dans la cité de Démacia.

Le studio enchaîne les réussites critiques avec Cataclismo peu après, qui sort en early access, un jeu où l’on construit des forteresses et où l’on fait face à des hordes d’ennemis. Bref, un jeu auquel j’ai beaucoup joué. La machine Digital Sun est en marche, voici un nouveau studio indépendant à succès qui fait office d’exemple en Europe et ailleurs.
Moonlighter 2 est annoncé le 19 novembre 2025 en early access avec cet enchaînement de pépites du studio qui semble inarrêtable. Au moment de l’early access, les retours sont très positifs malgré quelques critiques. Le studio revoit la copie, change de nombreux systèmes pour étoffer son prochain hit et annonce la sortie officielle au 2 septembre 2026, moins d’un an après le début en accès anticipé.

Les notes s’effondrent à 65% sur Steam et l’on se rend compte que le jeu n’est pas encore terminé. Pire, qu’il semble avoir régressé par rapport à l’accès anticipé. C’est la douche froide. J’ai joué au jeu, en avance, sur Nintendo Switch 2 et le résultat est catastrophique. Le tutoriel est mal optimisé, l’on peut se retrouver carrément bloqué et l’on doit tout recommencer en boucle.
Les textures bavent et l’on ne décolle pas les 30 IPS, parfois on tombe à 20. La structure narrative est plus complexe mais ennuyeuse et donne l’impression de nous faire perdre notre temps comme Pokémon sait si bien le faire. Mais qu’importe, nous sommes vaillants et nous voulons toucher au cœur du jeu : son gameplay.

Les combats sont assez amusants, voire même satisfaisants. On commence avec un balai en main pour finir avec une épée qui aurait de quoi faire rougir un certain lutin à bonnet vert. La difficulté reste corsée, peut-être un peu plus que l’ancien opus, surement pour rallonger la durée de vie et nous forcer à recommencer davantage de fois. Mais c’est déjà trop tard et le mal est fait.
L’expérience est un désastre sur Switch 2 et rien n’y fait. On est préoccupé par la chute des IPS, puis par les nombreux bugs, parmi lesquels : la désactivation de certaines touches. Durant une de mes runs, un monstre, fort et grand, tentait de vaincre mon personnage avec sa foudre dévastatrice empruntée à Zeus, je tenta donc de faire une roulade pour donner un bon coup de balai à ce polisson. Mais la touche ne marchait plus. Je mourus. Je revins. Ça ne marchait toujours pas. J’ai dû fermer le jeu et le relancer. C’est arrivé plus de cinq fois.

Pourtant Digital Sun a mis beaucoup d’amour dans son titre et on le ressent. La formule est plus riche. À chaque partie, vous entrez dans un portail qui vous propulse dans des dimensions détaillées, riches et parfaitement designées. C’est nerveux, il y a des sorts, des effets et des compétences à foison.
Les armes sont plus complexes, plus détaillées, avec des effets largement améliorés. Après avoir vidé votre salle, vous avancez et continuez en faisant le choix du type de salle que vous voulez choisir à la manière un peu d’un Hades ou d’un Curse of the Dead Gods (le très réussi roguelike des Français Passtech Games).

Sur le plan de la boutique, car oui, préparez-vous à passer de nombreuses heures à vendre bricoles et des reliques que vous aurez stockées dans un sac à dos à la manière d’un Tétris, et bien c’est franchement correct. Personnellement, je pense avoir préféré la petitesse et la simplicité du premier opus, mais force est de constater que la formule marche aussi avec ses changements et le petit robot qui vous accompagnera pour vous aider.
On notera en revanche, le manque de profondeur des personnages secondaires qui manquent de charisme et d’intérêt. La narration décolle un peu, plus tard, mais l’intérêt reste très faible. Il n’y a pas la possibilité de sauvegarder dans le jeu sans dormir directement dans son lit, et ça c’est aussi franchement déplorable. Au moins, on s’amusera avec la très riche personnalisation qui permet de passer du temps à décorer sa boutique.

Pour terminer, depuis quelques jours, le studio s’active et a annoncé avoir déjà livré des premiers correctifs et promet d’améliorer grandement l’expérience, y compris sur le gameplay (j’aurais pu vous parler de certains monstres qui sont juste agaçants). Ainsi donc et en l’état, je ne peux pas recommander (ni recommencer) le jeu, et c’est bien dommage et j’en suis très triste. Cependant, je ne doute pas que Digital Sun saura se relever pour livrer le jeu qu’on attendait tous. Et à partir de ce moment-là, on reviendra tous, avec joie, pour explorer encore et encore les belles dimensions construites avec amour par le studio.


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